République de Moldova

Photo Credit: OMS 2014  

2014 sera une année cruciale pour le dialogue politique sur la santé en Moldavie

26 February 2014

«La Moldavie a maintenant un nouveau cadre politique pour aller de l’avant qui est aligné avec les normes de l’Union européenne», explique le Dr Jarno Habicht, Représentant de l’OMS en Moldavie. Le cadre dont Dr. Habicht parle est l’Accord d’Association UE-Moldavie, qui a été signé en Novembre 2013 et se concentre sur la politique et les réformes de l’administration publique. Ces réformes devraient avoir un impact positif sur le secteur de la santé en adoptant des mesures pour améliorer l’accès aux services.

 

Les citoyens de la république de Moldavie ont vu l’accès aux soins s’améliorer considérablement au cours des quinze dernières années, et même si les obstacles relatifs à la santé restent un problème, des programmes ambitieux mis en place par le gouvernement et l’OMS visent à les surmonter et à placer le pays comme un leader régional.

 

Après la chute du Rideau de Fer, la transition économique a été difficile pour la Moldavie. L’état de santé de la population moldave est tombé avant de reprendre en raison des politiques ciblées aux plus démunis. L’introduction de l’assurance maladie obligatoire (ICM) en 2004, combiné avec la réorientation des soins primaires, ont contribué à accroître l’accès aux services de santé essentiels.

 

Dès le début, l’OMS a soutenu le ministère de la Santé dans ces réformes. Conscient de la nécessité de soutenir plus explicitement les processus de dialogues politiques autour de ces questions clés sur la réforme de la santé, l’UE et l’OMS ont décidé d’inclure la Moldavie dans le partenariat UE-OMS sur la Couverture Maladie Universelle (CHU).

 

Une des principales activités soutenues par ce programme est le Forum Santé: le premier a eu lieu sous les auspices du partenariat EU-OMS en Moldavie en 2012 et est progressivement devenu institutionnalisé. Les forums réunissent des centaines de décideurs (élus nationaux, membres d’organisations internationales, praticiens de la santé…) qui s’engagent dans des débats politiques sur les réformes de la santé. Le dernier forum qui a eu lieu en Novembre 2013, a adressé comment les décisions sont prises dans les plus hautes structures des hôpitaux en Moldavie, ainsi que les politiques de contrôle du tabac. Il est bon de préciser que la République de Moldavie a également un des taux les plus élevés d’usage de tabac en Europe. Dans un rapport de 2013, l’OMS a signalé que 51,1% des adultes hommes sont fumeurs et alors qu’un taux relativement bas de femmes adultes fume avec 7,1%.

 

En 2013, l’OMS et du Ministère de la Santé, dans le contexte du partenariat CHU, ont organisé une série de discussions supplémentaires au niveau local sur la qualité des services de santé. Les mêmes types de discussions qui ont lieu au niveau national ont été simulés au niveau des districts. Les conclusions et les recommandations clés ont ensuite été partagées avec le ministère de la Santé. L’objectif de cette activité est double: encourager la communication entre les intervenants du secteur de la santé pour accroître la responsabilité des décideurs, et veiller à ce que les politiques de santé adressent des problèmes qui touchent la population nationale entière.

 

“C’est assez captivant, puisque nous allons élaborer des politiques qui fonctionnent en regardant non seulement la situation nationale, mais aussi l’environnement de la politique étrangère pour voir ce qui marche,” ajoute le Dr Habicht.

 

2014 est donc en passe de devenir tout aussi révolutionnaire que 2013 pour la République de Moldavie: les praticiens de santé et les décideurs vont examiner les données qualitatives et quantitatives recueillies au niveau local afin de fournir des recommandations clés au gouvernement pour renforcer le système actuel. Les dialogues politiques seront centrés sur quatre thèmes principaux: la couverture de santé universelle et de financement de la santé, les politiques pharmaceutiques; la santé maternelle, pour les enfants et les adolescents; et les soins de santé primaires.

 

Malgré ces innovations législatives pour promouvoir l’avancement des soins dans le pays, la Moldavie n’a pas encore franchie la ligne d’arrivée. Deux des problèmes les plus importants rencontrés par la République de Moldavie sont les taux de tuberculose multirésistante et la prévalence du VIH. Les données les plus récentes montrent qu’en 2012, 160 nouveaux cas de tuberculose pulmonaire et extra-pulmonaire par 100,000 personnes ont été détectés

 

“Désormais, il y a un réel besoin de mieux expliquer les enjeux de santé à la population et de comprendre les réalités des marchés locaux,” explique Dr. Habicht. “Le caractère unique du partenariat CHU est, d’abord et avant tout, la capacité d’entamer des discussions et d’accroître la communication entre les agents pour rendre les décideurs plus responsables “.