Une Aide À La Décentralisation En RDC

  OMS / Eugene Kabambi

Le Plan National de Développement Sanitaire en RDC a été finalisé le 31 Mars 2016 et adopté quatre mois plus tard par le Conseil de Ministres, présidé par le Premier Ministre Augustin Matata Ponyo. Un des objectifs les plus pressants du nouveau PNDS, élaboré avec l’appui de l’OMS, est la décentralisation : un transfert des responsabilités, des compétences et des ressources au niveau provincial.

« Ce processus est d’autant plus complexe que le découpage administratif de 11 à 26 provinces en RDC est relativement récent, » explique Dr. Alain Iyeti Mboko, Directeur de la Direction d’Etudes et Planification au Ministère de la Santé Publique. Le Ministère de la Santé est responsable de mener la décentralisation dans le secteur de la santé conformément aux prescrits de la constitution.

Depuis  2015, le Partenariat UE-Luxembourg-OMS a appuyé la mise en œuvre du programme d’accompagnement « coaching », à travers le déploiement des assistants techniques nationaux, pour le développement des Divisions Provinciales de la Santé nouvellement mises en place dans leur rôle d’encadrement des zones dans l’offre des services et soins de santé à la population. Avec les fonds du Partenariat, 12 des 26 provinces ont été appuyées via la mise à disposition de ces assistants techniques nationaux (les autres provinces sont soutenues par d’autres partenaires du secteur de la santé tels que l’UNICEF, l’Union Européenne, USAID, GAVI et DFID). Une consultance nationale est en train d’étudier les points forts et faibles du coaching des DPS pour une capitalisation des leçons à tirer pour l’avenir.

Après un état des lieux pour finaliser le plan d’action de chaque province, le dialogue sectoriel dans le contexte de la décentralisation représentait un élément essentiel dans le processus de renforcement du système de santé en provinces. En effet, ceux qui dirigent les provinces n’ont parfois jamais travaillé dans l’administration. Il y a donc une adaptation délicate entre les demandes administratives, les exigences particulières des actions à mener dans le secteur de la santé et les réalités politiques, ce qui peut être la cause de tensions.

Les Gouverneurs des Provinces en RDC ont une « double casquette, » selon Dr. Iyeti Mboko. « Le Gouverneur est à la fois l’autorité décentralisée car élu par les députés provinciaux, et à ce titre il est chef de l’exécutif provincial. En même temps il est autorité déconcentrée car représentant de l’Etat en province. » Les limites entre les deux sont parfois floues, ce qui nécessite donc un dialogue soigné pour dégager une compréhension commune des rôles de différents acteurs au niveau de la province.

Chacune des 26 provinces fait deux revues sectorielles par an. Au niveau national du Ministère, une revue annuelle qui regroupe l’ensemble des parties prenantes est programmée chaque année. Elle passe en revue la mise en œuvre du PNDS. La prochaine revue annuelle nationale aura lieu au mois de juillet 2017. L’habitude au sein du secteur de la santé de la RDC est d’organiser, en marge de chaque revue, une réunion de l’instance nationale de coordination, le Comité Nationale de Pilotage du Système de Santé, en vue de prendre des décisions sur les questions qui entravent le meilleur fonctionnement du système de santé.

Dans ces échanges, que ce soit au niveau national ou au niveau provincial, l’OMS accompagne le Ministère pour assurer la coordination de tous les acteurs actifs dans le secteur de la santé et maintenir un  dialogue politique suffisamment intense pour assurer la prise en compte des différents besoins et attentes exprimés. « En RDC, l’OMS sert de chef de file pour la gouvernance et la redevabilité, » conclut Dr. Iyeti Mboko.

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