L’OMS aide à développer une planification nationale solide pour éradiquer l’épidémie de maladie à virus Ebola

Discours d'ouverture du Ministère de la Santé, Sierra Leone - Consultation sur la résilience du système de santé de Sierra Leone, 22-23 Janvier 2015, Freetown.  Photo: WHO Country Office

Déclarée  comme l’année pour le développement international, 2015 a certainement commencé avec trois semaines d’action puissante en faveur de la santé. Du 9 au 23 janvier, l’Organisation mondiale de la Santé a soutenu les trois pays les plus touchés par l’épidémie de maladie à virus Ebola – la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone – dans l’élaboration de plans de reconstruction pour des systèmes de santé plus résilients, ainsi que dans la révision du programme de partenariat EU-LUX-WHO pour la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) afin que ce dernier puisse répondre au mieux à l’impact de l’épidémie en ajustant ses priorités pour un renforcement des systèmes de santé.

Alors que l’impression transmise par les medias internationaux est celle de soulagement face à la baisse progressive du nombre de personnes diagnostiquées porteuses du virus Ebola, Denis Porignon, expert en matière de santé publique au sein de l’OMS nous avertit que toute désescalade des efforts serait prématurée: “La crise est loin d’être terminée… il faudra du temps avant de pouvoir affirmer qu’elle soit  entièrement maitrisée. ”

Interpellé sur la question de savoir si l’OMS avait maintenant , dans le contexte de la crise, gagné en reconnaissance pour son rôle d’institution principale de coordination dans le domaine de la santé, la réponse de Porignon était claire: « Dans les trois pays ouest-africains les plus touchés, tous les regards sont tournés vers l’OMS pour donner l’appui technique nécessaire aux ministères de la santé afin de maintenir les efforts efficaces pour gérer la crise de l’Ebola et reconstruire les systèmes de santé résilients” .

Lors de la réunion internationale de haut niveau organisée par l’OMS à à Genève en décembre 2014, la communauté internationale avait reconnu la nécessité d’un genre  de «Plan Marshall» – se référant au plan de relance américain pour l’Europe après la fin de la Seconde Guerre mondiale – pour reconstruire des systèmes de santé résilients aux épidémies telles que l’Ebola. 

Deux importantes réunions internationales de suivi sont prévues au printemps 2015 afin de faire avancer ce travail : En premier lieu, l’UE tiendra une conférence internationale de haut niveau sur le virus Ebola en Mars 2015 où les évaluations nationales pour la mise en place de plans de reprise Post-Ebola seront discutés avec les gouvernements de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone. Deuxièmement, les plans de relance du secteur national de santé des pays en question seront présentés au cours de la réunion de printemps de la Banque mondiale / FMI à Washington, DC, prévue pour début Avril. Les trois pays ouest-africains s’attendent à ce que ces évènements ouvrent la porte à des engagements financiers de la part des partenaires internationaux.

Trois réunions de planification nationale pour une action en 3 volets

L’un des objectifs des récentes missions d’appui de l’OMS en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone était d’aider les pays dans leurs préparations pour les évènements mentionnés ci-dessus, en aidant leurs ministères de la santé à franchir deux étapes fondamentales pour une approche durable dans la lutte contre les causes et conséquences du virus Ebola : En premier lieu, l’élaboration de plans de relance à court terme du secteur. Deuxièmement, l’intégration ultérieure de ces plans dans les plans de santé nationaux pluriannuels.

Avec le soutien financier et logistique de l’OMS, les ministères de la santé dans les trois pays ont organisé des réunions de planification nationales en janvier 2015, avec la participation de multiples parties prenantes provenant du gouvernement, de la société civile et de la communauté internationale.

Le haut niveau de représentation et de participation reflète la continuité de l’intérêt et d’une demande considérable pour des actions de ce genre: Au Libéria, la Présidente Ellen Johnson Sirleaf a suivi de près ce processus et a convoqué une réunion de cabinet subséquente où le renforcement des systèmes de santé était à l’ordre du jour. En Guinée, le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a ouvert l’évènement et les ministres de la santé ont participé dans les trois pays. En Sierra Leone, la consultation a réuni 196 participants, en autres représentants du ministère de la Santé, des districts , des partenaires au développement et des ONG.

Au cours de ces réunions, l’OMS a joué un rôle clé en aidant les pays à identifier lles interventions les plus prioritaires ainsi que leur coûts, en concentrant leurs plans de résilience et de récupération sur trois domaines clés :

1. Se débarrasser du virus Ebola: 0 cas, 0 décès, notamment en identifiant les activités supplémentaires nécessaires pour aider les centres de santé et les hôpitaux à combattre la crise actuelle ainsi qu’à détecter d’éventuelles futures épidémies ou, encore mieux, à les prévenir.
2. Soutenir le système de santé des districts, en intégrant progressivement les efforts de réponse à l’Ebola dans le travail des districts à travers des plans opérationnels suivis grâce à des indicateurs adaptés.
3. Renforcer la gouvernance et le leadership du Ministère de la Santé dans le secteur de la santé,.

Ce travail a abouti à des documents de synthèse clairs et concis pour chaque pays, donnant une vue d’ensemble sur les priorités et les grands domaines d’activité du pays en question dans les trois années à venir. “Naturellement, ces documents devront être raffinés avant d’être présentés aux participants de haut niveau de la réunion en Avril”, a déclaré Porignon.
“Ceci sera fait avec l’aide de l’OMS et d’autres partenaires de la santé sur le terrain dans les prochaines semaines à venir”

Les réunions de janvier ont également contribué à raffermir les engagements au niveau national: “Avec les groupes de travail établis au cours de la réunion, nous avons des groupes de personnes qui sont prêts à agir en tant que ressources pour la poursuite des travaux au cours des prochaines semaines – ceci est également un résultat important”, explique Porignon.

Pour complémenter ces efforts, les assistants techniques de l’OMS en charge au niveau des pays ddes activités du Partenariat UE-LUX-OMS sur la CSU continueront d’apporter un soutien journalier aux ministères de la santé dans les 3 pays.

Qu’est-ce qui va changer pour le partenariat UE-LUX-OMS CSU?

Les efforts de lutte contre la maladie à virusEbola auront-ils une incidence sur le Partenariat UE -LUX-OMS pour la Couverture Sanitaire Universelle ?

En réponse à cette question, Porignon mentionne les nouvelles opportunités pour le plaidoyer et le soutien aux renforcement des systèmes de santé ouvertes par la crise, mais aussi les nouveaux défis pour le programme.

Les feuilles de route nationales, établies pour chaque pays, devront être adaptées, dit-il, afin d’intégrer les priorités des plans de relance et des nouveaux plans nationaux de santé, ce qui a déjà conduit à une charge de travail de coordination plus lourde pour l’assistant technique placé par l’OMS auprès des ministères de la santé des pays concernés.

Certes, avec le nombre d’acteurs impliqués dans la réponse internationale contre la maladie à virus Ebola, cette coordination s’avère complexe: Par exemple, les processus d’élaboration des plans de relance du secteur devront être soigneusement coordonnés et alignés avec l’élaboration parallèle de plans généraux de reprise économique, soutenue par les Nations Unies, la Banque mondiale et l’UE, et censés être présentés par les pays en mars 2015 à Bruxelles.

À cette fin, un soutien supplémentaire sera fourni par le partenariat UE-LUX-OMS pour que les pays soient en mesure de présenter leur position sur la façon dont ils veulent envisager leur processus de reconstruction au cours des trois prochaines années. L’OMS s’engagera notamment à promouvoir la liaison avec les acteurs de haut niveau dans les pays pour s’assurer que le renforcement des systèmes de santé ne soit pas oublié dans le processus de reprise économique.

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