La Réunion Bilatérale Luxembourg – Organisation Mondiale de la Santé 2016 : Renforcer un partenariat sur le long-terme

  

En décembre 2016, des représentants du Département de la Coopération au développement et de l’action humanitaire du Ministère des Affaires Étrangères du Luxembourg, ainsi que de l’Organisation Mondiale de la Santé, ont tenu leur rencontre bilatérale annuelle au Luxembourg. Celle-ci permet aux partenaires d’évaluer ensemble le progrès de leurs projets collectifs ; la collaboration entre l’OMS et le Luxembourg, un des pays donateurs les plus généreux dans les domaines de l’aide et de la coopération au développement, est un partenariat de longue date.

Malgré sa petite taille, le Luxembourg est une force économique globale et contribue de manière exemplaire à la santé mondiale. C’est particulièrement le cas de par sa relation avec l’OMS, à laquelle le pays contribue dans le cadre des contributions fixées (exigées de tous les États membres) mais aussi à travers de nombreuses contributions volontaires vers divers programmes. Les contributions volontaires permettent aux pays de soutenir des priorités spécifiques de l’OMS dans un éventail de domaines de travail ou bien de cibler certaines régions géographiques.  30 pays dans le monde sont contributeurs volontaires à l’OMS, et le taux de contributions volontaires du Luxembourg par rapport à sa contribution fixée le place au premier rang parmi ceux-ci.

En 2013, avec une vision solide pour le développement et la santé mondiale, le Luxembourg a conclu une entente de collaboration avec l’OMS pour soutenir ce travail dans le cadre du Partenariat UE-Luxembourg-OMS sur la Couverture Sanitaire Universelle (P-CSU). Les trois principaux piliers du Partenariat sont : (1) le dialogue politique sur les stratégies, plans, et politiques nationales de la santé ; (2) le financement de la santé ; et (3) la coopération efficace pour le développement. 28 pays appartiennent actuellement au partenariat, dont six sont financés par le Luxembourg : le Burkina Faso, le Cap-Vert, le Mali, le Niger, le Sénégal, et la RDP lao.

Le Luxembourg finance le partenariat de manière extrêmement flexible, ce qui le distingue de nombreux autres donateurs à l’OMS : le dialogue politique sur la santé n’est pas un concept linéaire bénéficiant d’une approche universelle, mais plutôt quelque chose d’itératif et devant s’appuyer entièrement sur le contexte national afin de renforcer le succès de la CSU.

Cette caractéristique du financement luxembourgeois est conforme à la philosophie du Partenariat sur la CSU, qui vise à prendre en charge les activités de la feuille de route nationale qui ne sont généralement pas priorisées par les donateurs. Les pays bénéficiaires apprécient cette approche, qui a permis aux activités de renforcement des systèmes de santé de venir s’inscrire parmi les priorités de nombreux ministères de la santé.

La réunion bilatérale entre le Luxembourg et l’OMS a servi d’occasion unique pour évaluer ensemble les activités et le progrès effectués par le P-CSU, ainsi que d’établir les objectifs et priorités futures. Parmi ceux-ci : élargir la portée géographique du partenariat, qui n’atteint pas actuellement la région Amériques (AMRO) de l’OMS. La volonté d’atteindre cet objectif est réciproque, et des actions concrètes dans cette direction ont été évoquées. Le sujet sera rouvert lors de nouvelles négociations bilatérales en 2018.

L’OMS et le Luxembourg ont également étudié l’éventuelle synergie entre le travail du P-CSU, axé sur le renforcement des systèmes de santé, et le nouveau Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS. Le Luxembourg a exprimé son enthousiasme quant à cet effort de faire converger les initiatives de système de santé et d’urgences sanitaires, afin d’élaborer un programme de préparation aux situations d’urgence. « Rapprocher les programmes de systèmes de santé et d’urgences sanitaires est un impératif reconnu par l’OMS depuis longtemps, et doit être pris en considération tant au niveau institutionnel global que dans les pays, » a déclaré le Dr Amine Kèbè, Responsable du portefeuille OMS de l’unité de Mobilisation coordonnée des ressources au bureau du Directeur général à Genève, « et je pense que quelque chose a déjà été mis en œuvre pour nous orienter dans cette direction, en particulier lors de la crise récente de l’Ebola en Afrique de l’Ouest. »

Un mélange de valeurs culturelles, de traditions historiques et de conditions socioéconomiques favorables explique peut-être que le Luxembourg soit un partenaire et bailleur de fonds de telle envergure pour l’OMS. « Chaque fois qu’ils donnent, » a déclaré le Dr Kèbè, « ils estiment que c’est insuffisant et ils visent à aider davantage. Avant, quand les gens pensaient au Luxembourg, ils pensaient à sa petite taille géographique – mais c’est un pays qui a toujours eu beaucoup d’impact avec sa politique d’aide au développement. C’est probablement quelque chose de profondément ancré dans leur conception de la vie, et je suis sûre que si le monde partageait ces caractéristiques avec le Luxembourg, la situation globale aujourd’hui serait bien améliorée. »

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