Innover pour un dialogue politique plus efficace: Les revues régionales de santé au Sénégal

  

Est-il encore possible d’innover dans un domaine bien établit et structuré comme le dialogue politique en matière de santé? La réponse est affirmative : Le partenariat UE-Luxembourg-OMS sur la Couverture Sanitaire Universelle (P-CSU) vient de le démontrer, en rendant possible l’institutionnalisation de revues annuelles de santé au niveau des régions au Sénégal.

Les revues annuelles de santé au niveau national avaient déjà été une pratique bien établie dans  de nombreux pays de l’Afrique, mais l’aspect innovateur des revues régionales au Sénégal est qu’elles ont comme objectif de démocratiser d’avantage cet exercice annuel, en permettant « l’enrichissement et l’appropriation par les acteurs locaux de la revue qui constitue un temps fort d’évaluation de la mise en œuvre des politiques et programmes contenus dans le Plan National De Santee (PNDS) », selon Amadou Djibril, Directeur Planification, de la Recherche et des Statistiques au sein du Ministère de la Sante.

Toute innovation requiert un investissement préliminaire et un ingénieur expérimenté pour sa mise en route – c’était précisément le rôle assumé par le partenariat CSU, qui, depuis son lancement au Sénégal en 2013, a non seulement fournit les ressources nécessaires au financement de sa réalisation, mais qui a surtout facilité le dialogue entre acteurs de la gouvernance sanitaire locale –  notamment à travers l’organisation de sessions de renforcement de capacités regroupant les élus locaux, les représentants de la société civile, les techniciens de santé et des représentants de l’administration territoriale.

C’est ainsi que le Sénégal a, d’ores et déjà, pu témoigner le déroulement réussi des premières revues au niveau de toutes les régions en amont de la Revue Annuelle Conjointe Nationale. Le processus n’était pas sans défis ni complexité : Sous  l’impulsion de la Direction en charge de la Planification et du Suivi évaluation, des termes de référence, un canevas de présentation et une liste commune d’indicateurs de résultats ont été proposés et validés de commun accord avec les acteurs régionaux.

Chaque région  a eu à planifier et à tenir  sa revue d’une journée sous la présidence des Gouverneurs des régions et en présence des élus locaux et des  partenaires de la santé au niveau régional (représentants des départements ministériels, OCB, PTFs, ONG, Organisations de la Société Civile, Comités de santé etc).

 Selon Dir. Amadou Djibril, « les premiers défis étaient liés à l’organisation, à la participation et à l’appropriation par les acteurs régionaux du processus et fort heureusement avec une communication et un suivi rapproché entre acteurs du niveau central et régional ces obstacles ont été levés et une dynamique d’institutionnalisation a été effective ».

Le processus a porté fruits : Chaque région a pu présenter son rapport  à la Direction de la
Planification et leur synthèse a été présentée et partagée avec tous les acteurs de la santé lors de la tenue de la Revue Annuelle Conjointe Nationale.

Interrogé sur l’impact et les succès visibles de l’initiative, la réponse de Dir. Djibril est claire : « Des acteurs régionaux motivés, un leadership régional affirmé, des performances régionales visualisées, et une sensibilisation augmentée au niveau national par rapport aux difficultés et contraintes des régions », dit-il, en ajoutant que le financement, la mobilisation des acteurs d’horizons divers, ayant tous un impact ou un avis sur la santé au niveau régional, l’habitude que ces derniers commencent à avoir à dialoguer, à développer des synergies  auront certes été parmi les facteurs les plus importants  pour ce succès.

Quant aux prochains pas à prendre par le partenariat CSU, il s’agira de « maintenir les acquis », selon Djibril, entre autres en renforçant les capacités des acteurs pertinents dans le processus, dans les domaines de la gestion des données sanitaires, de la planification, ainsi que le suivi et l’évaluation.

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