Innovations et Renforcement du Secteur de la Santé en RDC

Caption: Photo des participants aux travaux du CNP-SS, entourant le Ministre de la santé Publique devant le Bureau de Caritas-Congo, à Kinshasa  Credit: OMS/Eugene Kabambi

Le processus de réforme du secteur de la santé de la République Démocratique du Congo  (RDC) a connu Vendredi 12 décembre 2014 une étape importante avec l’adoption de résolutions et recommandations issues de l’Assemblée générale du Comité National de Pilotage du secteur de la santé (CNP-SS). Ces assises ont eu lieu sous la direction du Ministre de la Santé Publique, le Dr Félix Kabange Numbi, en présence du Représentant de l’OMS en RDC, de la Coordinatrice du Groupe Inter Bailleurs de la santé (GIBS), des secrétaires généraux à la santé publique et de la fonction publique ainsi que des Directeurs des services centraux du Ministère de la santé Publique.

Leur objectif principal était de contribuer à la mise en œuvre effective de la décentralisation et de la réforme dans le secteur de la santé au niveau provincial ou intermédiaire. Ladite réforme répond à la stratégie de renforcement du secteur de la santé qui préconise la mise en place des Divisions provinciales de la santé (DPS) sur la base de la configuration des nouvelles provinces, selon la Constitution de la RDC.

L’intervention de l’Etat dans le secteur de la santé étant cruciale pour mettre en place une politique et un cadre réglementaire crédible, plusieurs innovations ont été intégrées dans la restructuration du CNP-SS. On note par exemple la création d’une Assemblée générale, la mise en place d’un Secrétariat technique permanent et la co-présidence des Commissions techniques par le GIBS.

Le Ministre de la Santé Publique, qui s’est félicité des conclusions et résolutions issues de ces assises, a indiqué que “le processus de la réforme et la modernisation de l’administration dans le secteur de la santé publique de la RDC avançaient de manière irréversible avec la participation de tous et l’appui de nos partenaires”. Il a appelé, dans le même temps, à redynamiser la fonctionnalité du CNP-SS comme l’unique instance de  coordination en vue d’améliorer l’efficacité des interventions  dans le secteur de la santé.

Dans son intervention  Dr Joseph Caboré, Représentant de l’Organisation mondiale de la Santé en RDC  (OMS) a insisté sur la mise en application d’un certain nombre de principes directeurs discutés et adoptés lors de ces assises. Il s’agit entre autres de “la mise en œuvre progressive du processus de réforme qui se veut dynamique, de la concertation ou du dialogue politique permanent et de la recherche du consensus”. Ceci correspond à un des trois objectifs du Partenariat OMS-UE-LUX sur la Couverture Sanitaire Universelle: “Assurer que les différentes parties prenantes, nationales et internationales, soient toutes alignées autour des Plans Nationaux de Santé, et adhèrent aux autres principes d’efficacité de l’aide.”

Le Représentant de l’OMS a également insisté sur l’importance de mettre en place des mécanismes efficaces en vue de renforcer l’articulation entre les deux niveaux de la santé – national et provincial – afin de réduire les risques de fragmentation liés au processus de décentralisation. Pour lui, “il y a nécessité pour le niveau central de travailler à assurer l’équité entre les provinces.”  Le concept de l’équité, selon l’OMS, comprend la garantie d’accès aux services de santé essentiels pour les groupes sociaux désavantagés financièrement ou géographiquement.

Pour garantir un fonctionnement harmonieux du système de santé de la RDC sur l’ensemble de son territoire national, il s’avère impératif, dans le cadre d’un dialogue politique dans le secteur de la santé, que les 26 Divisons Provinciales de la santé (DPS) soient opérationnelles afin d’appuyer le développement harmonieux des Zones de Santé et améliorer la qualité de l’offre des soins au bénéfice de la population.

Dans ce contexte, “la pérennisation du financement de ces nouvelles structures – Divisions Provinciales et Inspections Provinciales  de la Santé – est nécessaire pour que cette réforme se consolide au fil des années. Un travail de fond est déjà amorcé  pour l’application  d’un contrat unique avec un cadre de performance lié aux missions des DPS et IPS comme approche qui contribuera à la rationalisation de l’utilisation rationnelle des ressources à tous les niveaux. Ceci devrait réduire la fragmentation à travers l’harmonisation   des allocations en vue de la complémentarité et  la synergie des appuis  des partenaires.

Sylvie Fouet, Coordinatrice du GIBS a réaffirmé l’engagement des partenaires du Ministère de la Santé Publique de s’associer aux efforts entrepris par les autorités sanitaires pour rendre le système de santé de plus en plus performant. Cela passe par la mobilisation de ressources financières dans les budgets au niveau national et provincial. Des efforts supplémentaires doivent être consentis sur la  coordination, la planification et la préparation de réunions des différents niveaux du Ministère de la Santé et leurs partenaires”, pour éviter d’être pris de cours lors de l’organisation d’activités importantes suite à des conflits d’agendas”, a ajouté la coordonnatrice du GIBS.

A ce niveau, le renforcement du partenariat public-privé qui garantit que les gains de la réforme du secteur de la santé se poursuivront dans le temps a été suggéré, jusqu’à la mise en place effective des 26 provinces de la RDC tel qu’il est prévu dans la Constitution.

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Une vue partielle des participants à l’Assemblée générale du Comité National de Pilotage du secteur de la Santé dans la Salle de Conférence “Bakanja” de Caritas-Congo, Kinshasa (Photo: OMS/Eugene Kabambi).

 

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