Impact durable et réplicabilité: les attentes du Luxembourg pour la nouvelle phase du Partenariat UE-Luxembourg-OMS sur la Couverture Sanitaire Universelle

Natacha Gomes (droite) parlant à la 4e réunion annuelle technique du P-CSU à Barcelone du 1 au 3 Mars 2016.  Photo: OMS

“Notre récent engagement de continuer à soutenir le Partenariat UE-Luxembourg-OMS sur la Couverture Sanitaire Universelle (P-CSU) dans sa troisième phase montre à quel point nous croyons en ce partenariat et combien nous voulons le pousser vers l’avant,” Natacha Gomes, Conseillere pour la Santé Mondiale et pour les Affaires Multilatérales à la Direction de la Coopération au Développement, au Luxembourg, a déclaré lors de son discours d’ouverture a l’occasion de la 4e réunion technique annuelle du Partenariat UE-Luxembourg-OMS sur la Couverture Sanitaire Universelle, tenue à Barcelone du 1er au 3 Mars 2016. “La couverture sanitaire universelle continuera d’être une priorité de notre coopération au développement “, a ajouté Mme Gomes.

Le Luxembourg a rejoint le P-CSU en 2013 et a permis au programme d’étendre ses activités à cinq nouveaux pays: Burkina Faso, Cap-Vert, Mali, Niger, et Sénégal. Au cours de la phase initiale de son soutien, le Luxembourg a opté pour un optimisme prudent envers le programme, mais depuis a été encouragé par les résultats visibles: “Le programme était peut-être un peu lent à décoller et pour s’établir”, a expliqué Gomes. “mais il a fait ses preuves au cours des quatre dernières années “. En conséquence, le Luxembourg s’est engagé, en 2015, de soutenir un nouveau pays, à savoir le Laos.

Bien que les pays partenaires avancaient à differentes vitesses – chaque pays faisant face à un ensemble unique de défis affectant ses systèmes de santé – Gomes a expliqué que tous les pays avaient été en mesure de démontrer des résultats importants.

Gomes a souligné que les progrès réalisés en 2015 avaient été particulièrement encourageants, notamment l’engagement positif et les contributions importantes faites par toutes les parties prenantes à la planification du programme, lors de la dernière réunion technique annuelle P-CSU, tenue à Hammamet, en Tunisie à la fin de 2014. «Ce fut la première réunion annuelle dans laquelle j’ai eu l’opportunité d’ assister et c’etait une expérience très perspicace et révélatrice – qui  a clairement démontré la valeur ajoutée duP-CSU “, selon Gomes.

Gomes a également souligné l’importance des réunions techniques annuelles pour des programmes, comme leP-CSU,qui se concentrant sur le renforcement des systèmes, ce qui signifie que les «gains rapides» sont rares et que de nombreux résultats ne peuvent être obtenus qu’à travers une intervention continue sur le long terme. Selon Gomes, les réunions étaient un moyen de démontrer comment les activités se déroulent de manière progressive, et de faire lien entre les résultats incrémentiels et les objectifs  à long terme du programme. Ces reunions offraissaient également l’opportunité d’obtenir un feedback direct des pays partenaires sur leurs succès, leurs défis et leurs leçons apprises dans le cadre de la mise en œuvre du Programme. A titre d’exemple,, Gomes  mentionne le feedbackqu’elle avait reçu du gouvernement au Cap-Vert, par l’intermédiaire de l’ambassade du Luxembourg: «Même si la contribution financière du P-CSU au pays a été relativement faible, le gouvernement l’a perçu comme très catalytique – par exemple, en soutenant la signature du pacte pour le Partenariat International pour la Santé (IHP+/PIS)” dit-elle. Le pacte a contribué à consolider la politique de santé des partenaires au développement et le dialogue pour une utilization et mobilization plus efficace des ressources nécessaires pour mettre en œuvre la stratégie nationale de la santé au Cap-Vert.

D’autres exemples de résultats au niveau des pays rendus possibles grâce à la contribution du Luxembourg au P-CSU comprennent le soutien pour l’adoption du plan de développement sanitaire et social (PRODESS III, 2014 à 2018) au Mali en 2014, ainsi que l’elaboration d’une loi d’assurance santé destinée à accroître l’accès aux services de santé au Burkina Faso, adoptée en 2015.

Selon Gomes, la réunion annuelle à Barcelone était également une occasion efficace pour sensibiliser les pays sur les importants développements mondiaux et leurs implications pour la prise de décision potentielle au niveau des pays, en particulier pour ce qui concerne les objectifs de développement durable (ODDs) récemment adoptés. Les discussions et questions pertinentes des pays partenaires sur la façon de traduire cet agenda mondial ambitieux a des actions concretes au niveau national ont été “très enrichissantes et ont permis aux pays de signaler leurs besoins et priorités nationales, ce qui devrait guider la mise en œuvre de l’agenda mondial dans les pays respectifs,” a dit Gomes.

Interrogée sur la manière dont le P-CSU complémentait les programmes bilatéraux de coopération et de santé de développement du Luxembourg, Gomes a expliqué que certains pays du P-CSU, à savoir le Sénégal et le Laos, recevaient également un grand soutien bilatéral du secteur de la santé de la part du Luxembourg, et que le partenariat avait aidé à réunir les partenaires du développement autour de l’objectif commun de la couverture sanitaire universelle. Dans ce contexte, le P-CSU comble les lacunes qui ne sont pas abordées par les programmes bilatéraux. Dans la plupart des pays du P-CSU où le Luxembourg ne participe pas directement aux mécanismes de coordination du secteur de la santé, le soutien au P-CSU a été considéré un moyen efficace de confier l’OMS avec ce role.

CSF a finalement interrogé Gomes sur les attentes futures du Luxembourg pour le P-CSU. Elle a expliqué: “Maintenant que le partenariat fonctionne bien, il est important qu’il prenne vraiment racine dans les pays partenaires, qui ont besoin d’absorber entièrement les processus lancés dans le cadre du P-CSU”. Un autre objectif important, selon Gomes, sera de veiller à ce que l’impact du programme soit soutenu à long terme. Les processus établis de formation et de renforcement des capacités, par exemple, doivent être institutionnalisés au niveau des pays impliqués dans le programme afin d’assurer la durabilité et d’éviter une perte potentielle de la mémoire institutionnelle causée par la rotation du personnel.

Le maintien de plates-formes pour le partage des expériences et des enseignements entre les pays partenaires devraient être encouragé, notamment afin de veiller à ce que le programme puisse être reproduit ailleurs, “en particulier parce que les pays non partenaires commencent à s’intéresser au-CSU,” ajoute Gomes. Certains pays avaient même commencé à répliquer le modèle dans  leurs propres contextes  sans avoir recu des ressources du partenariat, ce qui est un très bon signe.”

Cet article a été écrit en collaboration avec Natacha Gomes, Conseillère pour la Santé Mondiale et Affaires Multilatérales à la Direction de la Coopération au Développement du Luxembourg, qui a été interviewée par Community Systems Foundation (CSF) en marge de la 4ème Réunion Technique Annuelle du Partenariat UE-Luxembourg-OMS sur la Couverture Sanitaire Universelle, tenue à Barcelone en Mars 2016.

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