Le Développement en Sierra Leone Ralenti à Cause d’un Manque de Professionnels de la Santé

Une clinique en Sierra Leone dans le district de Bonthe.  Photo Credit: UNICEF/ Olivier Asselin

En Novembre 2009, le Président de la Sierra Leone Dr Ernest Bai Koroma a lancé le Plan National Stratégique de la Santé (NHSSP), un plan historique de cinq ans pour faciliter l’accès et réduire le coût des services de santé. Ce “modèle qui permettra d’accélérer le progrès dans le secteur de la santé”, tel que le décrit le vice-président Alhaji Samuel Sam- Soumana, insiste sur la nécessité de promouvoir la couverture universelle de santé dans le pays et de réduire la propagation des maladies transmissibles. L’importance de ce dernier point a été mis en lumière lors de l’épidémie de choléra de 2012, la pire que le pays ait connu en 15 ans et qui a abouti à 400 décès. Suite à la publication du NHSSP, l’Organisation Mondiale de la Santé a fourni un soutien financier et technique pour sa mise en œuvre et a observé une tendance globalement positive sur l’accès aux soins dans le pays.

La Sierra Leone est un petit pays d’Afrique de l’Ouest avec une population d’un peu moins de 6 millions d’habitants. Une guerre civile de dix ans qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes et a détruit certaines infrastructure clés du pays (ainsi que son système d’eau, conduisant à une augmentation des maladies d’origine hydrique comme le paludisme ) a pris fin il y a 12 ans. Pourtant, le taux de mortalité infantile national est parmi les plus élevés au monde à 89 pour 1000 naissances, et l’espérance de vie est de 47 ans pour les hommes et de 49 ans pour les femmes.

L’OMS et le Ministère de la Santé et de l’Assainissement ont travaillé conjointement pour identifier les besoins clés de la santé afin de cibler les populations les plus vulnérables. “Le NHSSP est toujours le point de depart pour les programmes de santé que nous soutenons en Sierra Leone, ” explique le Dr Denis Porignon, Expert en Politiques de Santé à l’OMS. “Nous ne faisons rien en parallèle. Chaque partenaire de développement, que ce soit les agences onusiennes ou l’OMS, voit ce qui doit être fait et détermine l’aspect du plan qu’ils peuvent soutenir.”

Dr Teniin Gakuruh, Spécialiste des Systèmes de Santé au bureau de l’OMS en Sierra Leone, explique que l’organisation a soutenu six des sept domaines couverts par le plan stratégique: le leadership et la gouvernance, la prestation de services, la médecine et la technologie, les ressources humaines pour les informations de gestion de la santé, et le financement des soins de santé.

“Au cours des deux dernières années, nous avons été fortement impliqué dans le profilage des ressources humaines. Cela a mené à l’élaboration d’une politique des ressources humaines et d’un plan stratégique qui a été lancé en 2013.” Pourquoi mettre l’accent sur la provision d’une image claire des ressources humaines dans le secteur de la santé? Lorsque le gouvernement de la Sierra Leone a lancé l’Initiative de Santé Gratuite (FHCI) en 2010, l’objectif de fournir des services gratuits aux femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux enfants de moins de cinq ans, a été entravé par une insuffisance de personnels de santé qualifiés et par un personnel démotivé. Même si les services de santé de base étaient disponibles pour une population vulnérable avec une abolition des frais d’utilisation, il y eut un besoin urgent de déterminer et de conserver des registres du personnel qualifié, ainsi que de recruter des prestataires de santé supplémentaires et de les rémunérer de manière adéquate.

L’OMS a ensuite mis au point un Système d’Information des Ressources Humaines et un Système d’Information Sanitaire, ce qui permet désormais au Ministère de la Santé et de l’Assainissement d’avoir une image claire des acteurs de santé locaux, et de voir si les cliniques disposent d’une infrastructure adéquate (tel que le fonctionnement de l’électricité et des systèmes d’eau). Le travail sur les ressources humaines fournis par l’OMS s’étend au-delà du plan de surveillance stratégique des RH lancé au début de l’année dernière: le travail consiste maintenant à développer un plan stratégique de formation qui projette le nombre de personnel qualifié, tel que le nombre de sages-femmes nécessaires au cours des cinq à dix prochaines années.

À moins d’un an de la date d’expiration de 2015 pour le NHSSP, beaucoup de travail reste à faire. Lorsqu’on l’interroge sur son optimisme quant aux progrès accomplis en Sierra Leone, le Dr Gakuruh rétorque: “Le travail qui a été fait après un conflit est très louable, surtout avec la construction de nouveaux établissements de santé: le plus loin qu’une personne puisse être d’une clinique dans le pays est seulement huit kilomètres. Le défi n’est maintenant pas tant la disponibilité des cliniques, mais selon notre expérience, le prochain combat a à voir avec le manque de professionnels de la santé.”

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