« Faire face à la crise » : Le renforcement du dialogue intra-sectoriel au Burundi

Son Excellence Madame la Ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida (au milieu) entouré e par le Chef de file des Partenaires et et Monsieur le Représentant de l’OMS lors de l’ouverture de la séance de validation de la Stratégie de Coopération de l’OMS avec le Burundi.  

La crise multiforme qui a secoué le Burundi depuis 2015 a eu un impact négatif sur le système de santé du pays dans son ensemble, mettant en péril les avancées dans la résilience du système patiemment renforcé au cours des dix dernières années. La crise a également mené à un désengagement inhabituel des principaux bailleurs de fonds.

Dans ce pays de 10 millions d’habitants, les conséquences se sont rapidement faites sentir : accentuation de la vulnérabilité de la population, aggravation de la pauvreté, et hausse dramatique de la population en besoin direct d’aliments (de 10% à 30% de la population en un an). Un des domaines les plus affectés concerne la résilience du système de santé face aux catastrophes naturelles et urgences sanitaires.

Les flambées des cas de paludisme déjà suspectées en 2014 ont pris des allures épidémiques. L’interruption du dialogue sectoriel n’a pas facilité la mise en place d’une riposte appropriée à ce problème de santé publique grandissant. En Juin 2016, l’OMS a tenu une réunion conjointe avec le Ministère de la Santé Publique dans le contexte du Partenariat UE-LUXEMBOURG-OMS sur la Couverture Sanitaire Universelle (P-CSU), afin de relancer le dialogue sectoriel en vue d’adapter la politique de santé ainsi que les orientations générales de développement du pays.

À ce moment, il fallait en toute urgence rédiger un plan qui permettrait au gouvernement de gérer les différents acteurs pour faire face à la crise. Une suggestion d’étendre le PNDS sur deux ans a été acceptée, et beaucoup de partenaires se sont repositionnés pour financer les différents axes du plan de transition.

Selon le Dr. Kazadi Mulombo Walter, Représentant de l’OMS au Burundi, le Partenariat a permis la mise en cohérence des voix parfois divergentes des acteurs sectoriels pour permettre l’élaboration de ce nouveau cadre stratégique. « Les partenaires ne se parlaient que difficilement, mais devaient absolument aboutir à l’élaboration d’un cadre stratégique à partir duquel les investissements nécessaires pourraient être faits, » dit Dr. Water. « Dans la genèse de ce plan stratégique, l’OMS a aidé à créer un résultat concret : un plan de transition qui s’étend jusqu’en 2018. »

Sur la base de cette extension, l’OMS a révisé sa stratégie de coopération avec le Burundi, en la rééchelonnant à l’horizon 2018 et en intégrant les priorités du Ministère, notamment en ce qui concerne l’agenda inachevé des Objectifs du Millénaire pour le Développement, réinscrits dans le nouvel horizon des Objectifs pour un Développement Durable.

« Avec le plan national de développement sanitaire finissant en 2015, coïncidant avec la crise socio-politique en cours, il était important de mettre en place un cadre stratégique intérimaire, afin de faciliter l’ancrage des interventions humanitaires », explique Hamadou Nouhou, Expert en Politique et Système de Santé au Burundi dans le cadre du Partenariat CSU. « L’OMS a très rapidement proposé au Ministère de la Santé d’aider à développer un plan de transition  au lieu de faire un nouveau plan sanitaire. »

En 2017, les activités du Partenariat vont continuer, entre le suivi de la mise-en-œuvre du PNDS actuel à l’appui à la préparation du prochain PNDS qui devrait entrer en vigueur en 2019.

« Un domaine prioritaire d’intervention pour l’OMS en 2017 au Burundi sera de continuer à renforcer le dialogue intra-sectoriel, afin que les conversations entamées en 2016 se consolident dans la préparation du prochain PNDS », dit Dr. Alphonse Ciza, Chargé de programme pour le renforcement du système de santé à l’OMS. « L’activité clé sera d’analyser le cadre de coordination actuel, des différents acteurs et partis prenantes. Étant donné que le CPSD (Cadre de Concertation des Partenaires pour la Santé et le Développement) ne fonctionne pas bien à cause du contexte politique actuel, il nous faut en faire l’analyse pour le modifier afin de permettre un fonctionnement plus opérationnel. »

Finalement, l’équipe OMS du Burundi va également faire un profil de la couverture sanitaire universelle au niveau national afin d’obtenir des données sur l’état actuel de santé de la population. En faisant une analyse récente des comptes nationaux de la santé et des ressources financières et humaines du pays, le Ministère de la Santé pourra ainsi s’appuyer sur des données fiables afin de développer un nouveau plan national de la santé de manière pertinente et opportune.

« Le travail vers le dialogue intra-sectoriel et l’alignement des partenaires doit continuer, mais nous sentons déjà une meilleure coordination des partenaires du secteur de la santé au niveau national », conclut le Dr. Kazadi.

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